Dans un communiqué, douze mouvements citoyens se portent en faux contre tout projet de modification ou changement de la Constitution. Pour cela, ils interpellent les élus nationaux et provinciaux du Sud-Kivu en vue de sortir du silence et de s’opposer publiquement à cette démarche.
Ces mouvements citoyens du Sud-Kivu s’inquiètent du silence des élus nationaux et provinciaux face au projet du changement de la Constitution que peaufine le régime Tshisekedi.
Ils déclarent
‘’On invoque la guerre pour différer les délais constitutionnels qui prescrivent les élections générales en 2028 et tenter de légitimer un troisième mandat déguisé et anticonstitutionnel’’.
Pour eux, il est indécent de vouloir amender la loi fondamentale alors que l’intégrité territoriale est violée. Que l’autorité de l’État est ébranlée, et que des millions de citoyens sont errants sur leur propre terre, certains dans les camps de déplacés.
Selon eux, la constitution n’est pas un instrument malléable au gré des ambitions hégémoniques. Elle est plutôt le contrat social, le pacte fondateur, l’armature de la République, la colonne vertébrale de la société. Et soulignent
‘’Toute volonté de l’altérer dans ce contexte est un acte de lèse-nation et de haute trahison’’.
Des questionnements
Quant aux élus nationaux et provinciaux, ces mouvements citoyens se demandent
‘’Contrôlent-ils encore l’Exécutif, conformément à l’article 100 de la constitution ? Ou sont-ils devenus ses courtisans, ses obligés, ses otages ? L’appât du gain, les promesses de postes, les avantages occultes ont manifestement supplanté le serment prêté devant le peuple, un signe révélateur d’une allégeance inversée’’.
Face à ces préoccupations, ils demandent à ces élus de rompre le silence et prendre une position publique courageuse sur les enjeux constitutionnels actuels. Ce, en s’opposant à toute initiative politique susceptible de détourner l’attention des véritables priorités nationales. Car dans un contexte de guerre, la priorité des institutions doit demeurer la restauration de la paix, de l’autorité de l’État et de la cohésion nationale.
Il faut signaler que Lucha, Filimbi, Front Citoyen, Urgences Panafricanistes, Génération Z RDC, Parlement de la rue, Militants de la démocratie, La voix de Chebeya DH, EKOKI, Non-Violence Academia, Les Deboutistes, La Lutta sont les douze mouvements citoyens ont signé ce communiqué.
Judith Asina