Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue d’alimenter la scène politique congolaise, des voix s’élèvent pour rappeler les urgences auxquelles fait face la population. Au Nord-Kivu, l’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, estime que les priorités nationales devraient avant tout être orientées vers le rétablissement de la paix et de la sécurité dans les régions meurtries par les conflits armés.
Dans un message rendu public le 3 juin dernier, le prélat catholique s’est dit préoccupé par ce qu’il considère comme un décalage croissant entre les attentes de la population et les préoccupations de la classe politique. Son intervention intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans la région de Beni, où plusieurs dizaines de civils ont été tués ces derniers jours lors d’attaques attribuées aux rebelles des ADF.
Pour Monseigneur Sikuli, les discussions autour du changement de la Constitution ne devraient pas occulter les défis sécuritaires auxquels sont confrontés des millions de Congolais, particulièrement dans l’Est du pays. Selon lui, alors qu’une partie du territoire national demeure sous la menace des groupes armés et que des populations continuent de vivre dans la peur, la question de la paix devrait constituer la priorité absolue des institutions.
« Nous voulons d’abord la paix », insiste l’évêque, soulignant que les populations affectées par les massacres, les déplacements forcés et l’insécurité quotidienne attendent avant tout des réponses concrètes à leurs souffrances.
Le chef de l’Église catholique de Butembo-Beni rappelle que l’instabilité persistante dans l’Est du pays continue d’avoir des conséquences dramatiques sur la vie sociale et économique. Les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de l’élevage restent fortement perturbés par les violences, compromettant les perspectives de développement de toute une région.
Monseigneur Sikuli invite les responsables politiques à tenir compte des préoccupations réelles de la population. Il appelle le Président de la République et le Parlement à concentrer leurs efforts sur la protection des civils, le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits et la préservation de l’intégrité territoriale du pays.
Ibag Bagenda