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Conseil de sécurité de l’ONU : Jean-Pierre Lacroix alerte sur la RDC et appelle à transformer les avancées diplomatiques en paix réelle

by Rédaction
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Devant le Conseil de sécurité, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, a livré un exposé dense et alarmant sur la situation sécuritaire, humanitaire et politique en République démocratique du Congo, à la veille du renouvellement du mandat de la MONUSCO.

Une crise persistante et le risque d’embrasement régional

S’appuyant sur le dernier rapport du Secrétaire général, M. Lacroix a souligné que la RDC demeure confrontée à une crise sécuritaire et humanitaire majeure, les civils étant les premières victimes. Les récents développements au Sud-Kivu, marqués par une nouvelle offensive et une extension territoriale de l’AFC/M23, font planer un risque sérieux de fragmentation du pays et d’embrasement régional, avec des conséquences potentiellement graves pour l’ensemble des Grands Lacs.

Il a relevé que l’affaiblissement de la présence de l’État dans certaines zones, l’installation d’administrations parallèles et l’implication directe ou indirecte de forces et groupes armés étrangers accentuent la régionalisation du conflit.

Des avancées diplomatiques saluées, mais fragiles

Jean-Pierre Lacroix a rappelé que d’importantes avancées diplomatiques avaient été enregistrées ces derniers mois, notamment les accords conclus à Washington et à Doha, ainsi que la mise en place d’un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification du cessez-le-feu. Il a salué l’engagement du Qatar, des États-Unis et du médiateur de l’Union africaine, tout en réaffirmant le plein soutien des Nations Unies à ces efforts.

Cependant, il a averti que l’écart entre ces engagements politiques et la réalité sur le terrain demeure préoccupant. Les violations persistantes du cessez-le-feu et la reprise des hostilités menacent de faire s’effondrer les processus de paix et minent la confiance des populations civiles.

Sud-Kivu, Nord-Kivu et Ituri : violences et menaces contre les civils

Au Sud-Kivu, hors zone d’opérations de la MONUSCO, les combats et l’usage de moyens lourds auraient provoqué des pertes civiles et militaires, des destructions d’infrastructures et d’importants déplacements de populations, y compris transfrontaliers.

Au Nord-Kivu et en Ituri, les civils restent exposés aux exactions de multiples groupes armés. Les attaques meurtrières des ADF, les violences de la CODECO et l’insécurité autour des camps de déplacés continuent de peser lourdement sur la protection des populations.

Le Bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU a, de son côté, documenté de graves violations, notamment des violences sexuelles liées au conflit, des exécutions arbitraires et des enlèvements, touchant de manière disproportionnée les femmes et les enfants.

Une situation humanitaire alarmante

La situation humanitaire demeure critique. Plus de 5,35 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 24 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. La fermeture d’aéroports clés et les restrictions d’accès humanitaire aggravent la crise, dans un contexte de sous-financement chronique : le plan de réponse humanitaire n’est financé qu’à 22 %.

La MONUSCO sous contraintes, mais toujours engagée

Malgré des contraintes financières et opérationnelles sévères, la MONUSCO poursuit ses missions prioritaires. Elle renforce ses patrouilles préventives, maintient une présence dissuasive près des sites de déplacés et appuie les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration.

M. Lacroix a toutefois alerté sur les restrictions à la liberté de circulation de la mission, notamment l’accès au carburant, à l’eau et à l’électricité, qui compromettent sa pleine capacité d’action.

Un appel pressant au Conseil de sécurité

En conclusion, Jean-Pierre Lacroix a appelé le Conseil de sécurité à jouer pleinement son rôle en veillant à l’application sans délai de la résolution 2773, au respect strict du cessez-le-feu et à la levée des restrictions entravant l’action de la MONUSCO.

« Les avancées diplomatiques doivent désormais se traduire par des améliorations réelles sur le terrain », a-t-il insisté,

soulignant que seule une réaction claire, unie et résolue du Conseil permettra de prévenir une aggravation du conflit et d’ouvrir la voie à une paix durable pour le peuple congolais.

La séance s’est achevée par les remerciements du Président du Conseil à M. Lacroix, alors que la communauté internationale est appelée à des décisions décisives pour l’avenir de la RDC et de la région des Grands Lacs.

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