Le coordonateur de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), Corneille Nangaa, a clôturé ce week-end une session de formation politique et technique destinée aux cadres politiques, administratifs et territoriaux du mouvement dans les zones dites « libérées ».
L’objectif affiché : renforcer les capacités des responsables locaux en vue de poser les bases d’un nouvel État congolais, plus efficace et plus proche des citoyens.
Deux jours de formation pour structurer la gouvernance
Organisée sur deux jours, cette formation a rassemblé les coordonnateurs politiques et militaires, les administrateurs de territoires, les chefs de cités, ainsi que les responsables de l’éducation et de l’économie dans les zones sous contrôle du mouvement.
Dans son discours de clôture, Corneille Nangaa a salué les avancées enregistrées :
« Nous pouvons être fiers d’avoir réussi à bâtir une armée professionnelle, une police au service de la coordination, une administration stabilisée et une justice en cours de réactivation. Les piliers de l’État se mettent progressivement en place pour une nouvelle gouvernance de la République démocratique », a-t-il déclaré.
Selon Nangaa, cette initiative marque une étape importante vers la mise en place d’institutions fonctionnelles dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, avec des compétences renforcées en gestion publique, sécurité, organisation administrative et encadrement de la jeunesse.
Un diagnostic sévère de l’État congolais
Dans un ton critique, Corneille Nangaa a dressé un constat sévère sur la situation institutionnelle à Kinshasa, qu’il estime « inexistante » :
« À Kinshasa, il n’y a plus d’État, plus d’armée, plus de police, aucune administration, aucune justice. Même la présidence n’existe qu’en façade », a-t-il affirmé, accusant les autorités actuelles d’être responsables de la mauvaise gouvernance et du détournement des ressources publiques.
Cette défaillance, selon lui, justifie la démarche du mouvement d’initier une refondation profonde des institutions sur de nouvelles bases.
Vision, discipline et transparence au cœur de la gouvernance
Le leader de l’AFC/M23 a insisté sur trois piliers qu’il estime indispensables pour rebâtir l’État : vision, discipline et redevabilité, en y ajoutant la transparence.
Il a rappelé que la gestion des ressources publiques doit se faire « au nom de la population », et exhorté les cadres à se considérer comme des « serviteurs » plutôt que comme des dirigeants.
Nangaa a également appelé les participants à diffuser les compétences acquises auprès des militants et structures locales, afin d’élargir la base sociale du mouvement et d’ancrer ses principes dans la gouvernance locale.
« Un projet de réforme nationale »
Loin de se limiter à une dimension militaire, Corneille Nangaa a défini l’AFC/M23 comme « un projet de réforme nationale » visant à reconstruire l’État congolais :
« Notre combat vise à libérer le pays d’un système criminel et corrompu, à instaurer un État de droit, une justice sociale, la bonne gouvernance et la réconciliation nationale », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que la lutte armée n’a de sens que si elle s’accompagne d’une gestion responsable et d’une vision politique claire.
Appel à l’unité et perspectives
Corneille Nangaa a appelé les cadres du mouvement à maintenir l’unité et la loyauté, qu’il considère comme « non négociables ». Il a mis en garde contre les dérives individualistes et invité les participants à traduire les acquis de la formation en « résultats visibles » dans les domaines de la mobilisation, de la sécurité, de la justice et des services sociaux.
« La libération totale du Congo est en marche. Notre victoire est certaine, car notre cause est juste. Ensemble, nous bâtirons un État digne et prospère », a-t-il conclu.
Cette session, présentée comme « ni une fin ni un départ », constitue selon Nangaa une étape supplémentaire dans la stratégie du mouvement pour former une élite capable d’assumer la gestion des territoires et de participer à la construction d’un nouvel État.
Avec cette initiative, l’AFC/M23 cherche à transformer son influence militaire en une force politique et administrative structurée, dans un contexte où les institutions nationales restent fragiles et contestées dans l’est de la République démocratique du Congo.
Sadiki
