Dans un message solennel à la nation congolaise, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a dressé un tableau sans concession de l’année 2025, marquée à la fois par des avancées sociales visibles dans les zones sous administration de l’AFC/M23 et par l’échec retentissant du processus de paix avec le régime de Kinshasa.
Des signes concrets de redressement
D’emblée, le message met en avant une amélioration tangible du quotidien des populations : réhabilitation de la voirie urbaine, routes et ponts en travaux, reprise de la circulation des biens et des personnes. Sur le plan social, le retour volontaire des réfugiés et des déplacés internes s’accélère, l’agriculture et l’élevage reprennent, les enfants retournent à l’école et les hôpitaux fonctionnent normalement. Pour Corneille Nangaa, ces indicateurs démontrent qu’« une autre gouvernance est possible ».
La paix choisie, les engagements trahis
Revenant sur l’année écoulée, le coordonnateur politique rappelle que l’AFC/M23 a fait, en 2025, « le choix responsable de la paix ». De bonne foi, le mouvement a souscrit à plusieurs accords et mécanismes avec Kinshasa, censés conduire à la désescalade et à la libération des prisonniers. Mais cet espoir, affirme-t-il, a été « odieusement trahi » : aucun détenu n’a été libéré et le cessez-le-feu a été systématiquement violé, transformant une trêve fragile en guerre imposée.
Une crise congolaise avant tout
Dans son adresse, Corneille Nangaa rejette toute tentative d’externalisation du conflit. Pour lui, la crise est d’abord congolaise et trouve sa source dans la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité, les conflits identitaires et le discours de haine.
« Aller pleurnicher dans les capitales étrangères ne guérira jamais le mal congolais », martèle-t-il, appelant à un sursaut interne fondé sur la vérité et la responsabilité.
La rue parle, le peuple tranche
Le message souligne également l’ampleur de la mobilisation populaire dans les territoires libérés. Des marches massives, de Bunagana à Uvira en passant par Goma, Bukavu et Minova, ont exprimé le rejet d’un régime accusé de mépriser l’armée, de piller les ressources nationales et de gouverner par la peur. Arrestations arbitraires, intimidations et dérives autoritaires sont présentées comme les signes d’un pouvoir en fin de cycle.
Alerte sur le discours de haine
Point le plus grave du discours : la dénonciation de l’institutionnalisation du discours de haine, désormais décrit comme une « doctrine d’État ». Selon Corneille Nangaa, cette dérive vise certains Congolais en raison de leur langue ou de leur appartenance ethnique, sapant la cohésion nationale et ouvrant la voie à des violences massives, en violation du droit international humanitaire.
2026, l’année de la consolidation
En conclusion, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 appelle les Congolais à l’unité, à la solidarité et à la détermination. L’année 2026 est présentée comme celle de la consolidation de la lutte pour la liberté, la justice, la paix et la refondation de l’État. Se posant en alternative, l’AFC/M23 affirme vouloir faire de la République démocratique du Congo « une terre d’opportunités au service exclusif de son peuple ».
Un message de fin d’année qui sonne comme un acte d’accusation, mais aussi comme un appel à la mobilisation nationale autour d’un projet de rupture.