À l’occasion de la Journée mondiale du chimpanzé, célébrée le 14 juillet, l’acteur social et environnementaliste Fernand Kibangu tire la sonnette d’alarme sur la situation des chimpanzés du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), dans l’est de la République démocratique du Congo.
Au cours d’un entretien accordé à Radio GT-Svein, il affirme que la dégradation de la situation sécuritaire au Sud-Kivu a de lourdes conséquences sur la biodiversité. Selon lui, les conflits armés favorisent l’exploitation illégale des ressources naturelles et mettent en péril plusieurs espèces emblématiques du parc.
Fernand Kibangu explique que les chimpanzés, tout comme les gorilles, sont contraints de fuir leurs habitats naturels pour échapper aux affrontements entre groupes armés. Ces déplacements perturbent leur mode de vie, fragmentent les populations de primates et réduisent leurs chances de survie dans un environnement déjà fortement dégradé.
Il rappelle que les chimpanzés jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes forestiers. En dispersant les graines de nombreuses espèces végétales, ils contribuent au renouvellement de la forêt. Leur disparition progressive constituerait une perte importante non seulement pour la biodiversité congolaise, mais également pour le patrimoine naturel mondial.
L’environnementaliste souligne également que ces primates sont confrontés à une raréfaction de leur alimentation. Il attribue cette situation à la destruction progressive de la végétation, conséquence de l’exploitation minière illégale et du déboisement qui se poursuivent à l’intérieur du Parc national de Kahuzi-Biega.
Il estime que la protection du parc ne peut être efficace sans un retour durable de la sécurité. À cela s’ajoute la nécessité d’impliquer davantage les communautés riveraines dans les efforts de conservation, afin de réduire les pressions exercées sur les ressources naturelles et de promouvoir des activités génératrices de revenus respectueuses de l’environnement.
Face à cette menace, Fernand Kibangu appelle les autorités à rétablir durablement la sécurité dans le parc, à permettre aux écogardes de reprendre pleinement leurs missions de surveillance et à renforcer la lutte contre l’exploitation minière illégale ainsi que le déboisement dans cette aire protégée, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Louise Busane