La douleur était palpable, le silence lourd de sens. C’est dans une atmosphère de profonde affliction que le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, s’est adressé aux familles endeuillées et à la population lors des funérailles des victimes des bombardements survenus à Masisi.
« Il est des moments où même le silence pleure », a-t-il déclaré, rappelant que cette cérémonie n’était pas un choix, mais une tragique obligation imposée par la cruauté de l’histoire.
Des civils fauchés, des vies brisées
Dans son message, Corneille Nangaa a dénoncé des bombardements indiscriminés ayant frappé des civils sans défense. Femmes portant la vie, enfants porteurs de l’avenir, vieillards gardiens de la mémoire collective : aucune catégorie n’a été épargnée.
Selon lui, ces attaques ont détruit bien plus que des maisons. Elles ont anéanti des rêves, des projets de vie, des espoirs de familles entières, transformant des espaces de vie en lieux de deuil.
Un deuil qui dépasse Masisi
Le coordonnateur politique a rappelé que Masisi n’est pas un cas isolé. À travers ces martyrs, c’est toute la nation congolaise meurtrie qui pleure. Il a évoqué les violences persistantes dans d’autres régions, notamment à Beni, Lubero et en Ituri, où des civils continuent de tomber sous les massacres et les exactions armées.
« Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un village qui pleure, c’est toute une nation qui saigne », a-t-il souligné.
La protection des civils comme priorité absolue
Au nom de l’Alliance Fleuve Congo/M23, Corneille Nangaa a tenu à rassurer les populations des territoires libérés : le mouvement demeure pleinement engagé à assurer leur protection contre toute menace, d’où qu’elle provienne.
La sécurité des civils, la préservation de leur dignité et le respect de leurs droits fondamentaux ont été présentés comme les piliers de ce qu’il a qualifié de « révolution constitutionnelle ».
Refus du chaos et appel au vivre-ensemble
Il a également affirmé avoir entendu clairement le message des populations exprimant leur refus du retour des forces responsables du chaos et de l’insécurité. Les territoires libérés, a-t-il insisté, doivent rester des espaces de paix, d’unité et de vivre-ensemble, sans exclusion, sans haine et sans persécution.
Derrière chaque victime, une histoire
Refusant toute banalisation des morts, Corneille Nangaa a rappelé que chaque victime portait un destin : un enfant rêvant de devenir médecin ou avocat, une mère se battant pour nourrir les siens, un père espérant simplement voir ses enfants grandir en paix.
« Ils n’étaient ni des combattants ni des menaces. Ils étaient la vie même », a-t-il déclaré.
Une condamnation morale sans équivoque
Dans un ton grave, il a affirmé qu’aucune légitimité politique, aucune reconnaissance internationale, aucune élection ne saurait justifier la mort de civils innocents.
« Un pouvoir qui bombarde son peuple perd toute légitimité morale », a-t-il martelé.
Solidarité avec les familles endeuillées
S’adressant aux familles brisées, aux orphelins et aux veuves, le coordonnateur politique a exprimé la compassion la plus sincère de l’AFC/M23. Il a assuré que leur douleur est partagée, portée collectivement, et qu’elle ne sera ni ignorée ni oubliée.
Mémoire des martyrs et devoir envers les vivants
En conclusion, Corneille Nangaa a réaffirmé l’engagement de l’AFC/M23 à rester aux côtés du peuple, non par calcul politique, mais par devoir moral et humain. Rendant hommage aux victimes, il a appelé à une responsabilité à la hauteur du sacrifice consenti.
« Vous êtes tombés, mais vous n’êtes pas oubliés. Que la terre de vos ancêtres vous soit légère, et que notre responsabilité envers les vivants honore la mémoire des morts. »


