Le jeudi 12 mars 2026 était une journée particulière pour les élèves du Lycée Wima. Pour cause ? Une conférence organisée en leur faveur autour du thème : « Que faut-il faire pour lutter contre la dégradation de l’environnement dans la ville de Bukavu » ?
Les participants ont identifié certains défis environnementaux à travers le monde. Il s’agit notamment du Changement Climatique causé par les émissions des gaz à effet desserre, le problème de Gestion des déchets, la contrainte liée à l’épuisement des Ressources non renouvelables, sans compter des Ressources non utilisables.
Le Prof Fabrice Muvundja Amisi, du département des sciences de l’environnement à l’UCB déplore notamment la destruction du Paysage et de la beauté de Bukavu. Cela, sans compter la pollution solide par des eaux usées municipales, les érosions, les ravinements et les glissements des terrains, les inondations.
“Nous devons revoir notre urbanisation. Décidez autrement. N’en déplaise à ceux qui seront victimes’’, souhaite-t-il.
Pour en découdre il fait plusieurs proposition. Il s’agit entre autres de l’instauration d’un système de déchets qui fonctionne ; l’abonnement aux services de collecte et de gestion des déchets obligatoire pour chaque famille ; l’imposition de triage des déchets au niveau des ménages ; ainsi que la participation à des campagnes de sensibilisation et à des actions vertes.
Prof Mubundja Amisi encourage en outre des mesures d’adaptation telles que la lutte antiérosive, la gestion intégrée des bassins versants, la restauration de la végétation dans la ville, dans les parcelles, en milieu scolaire, la gestion des eaux usées par le curage des caniveaux et le drainage des rivières envasées.
Economie circulaire
De son côté le Prof Janvier Bashagule, doyen de la faculté des sciences agronomiques parle de l’économie circulaire de gestion des déchets dans la ville de Bukavu.
Il révèle que 500 à 1000 tonnes de déchets sont produits chaque jour à Bukavu, avec une moyenne de 898 tonnes. D’où il suggère de les recycler et les revaloriser au lieu de toujours les jeter.
L’autre intervenant, c’est le Prof Daniel Muhindo Iragi, qui analyse la situation sur les collines du lycée Wima et de l’Institut technique Fundi Maendeleo, ITFM. Pour lui, le ravin communément appelé Yesu-Yesu qui sépare les deux collines est un phénomène géologique à l’échelle africain.
« Il tire son origine au rift Est-africain qui s’étend sur 4500km allant de la mer rouge jusqu’au Mozambique et qui est une ouverture progressive de la croûte terrestre », fait-il savoir.
Pour sauver cet espace, il recommande le reboisement tout autour, le respect de la zone tampon de 50 mètres sur laquelle aucune activité humaine ne doit se faire pour éviter la disparition du couvent des sœurs de la sainte famille d’Helmet, l’économat de l’UCB et l’ITFM qui risquent de disparaître comme l’école primaire Nyakavogo de Bagira.
36 poubelles remises au lycée Wima
Pour lier l’utile à l’agréable, la Coopération suisse a doté le lycée Wima de 36 poubelles pour 33 classes.
A cette occasion, les lycéennes se sont engagées individuellement et collectivement à défendre la cause de l’environnement. Ce, en participant aux campagnes de sensibilisation et de restauration de l’écosystème.
En tant qu’école, le lycée Wima s’est engagé à intégrer des nouveaux articles dans son règlement d’ordre intérieur qui cadrent avec la protection de l’environnement scolaire et la lutte contre la pollution plastique.
Il faut signaler que cette activité se déroule dans le cadre de la campagne du mois vert initiée par la Coopération suisse. Campagne soutenue par des universités, des organisations de la société civile et les médias afin de pousser la population à agir en faveur de la protection de l’environnement à Bukavu.
Judith Asina