Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des cas à la suite de trois décennies de violences, renseigne le fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef). Cette agence des nations unies a recensé plus de 35.000 de violences sexuelles faites aux enfants entre janvier et septembre 2025.
Selon l’Unicef, les violences sexuelles faites aux enfants en RDC atteignent des proportions effrayantes.
Si les conflits armés demeurent un facteur majeur, cette tragédie est désormais un fléau national, frappant toutes les provinces, dans un contexte où l’impunité règne et où la pauvreté n’a cessé de s’aggraver.
Outre les conflits armés, la pauvreté et l’impunité alimentent ce fléau, qui touche surtout les filles dans les provinces de l’Est. Dans cette région, le conflit continue de jouer un rôle majeur, mais le rapport de l’agence onusienne démontre qu’aucune province n’est épargnée et que le nombre de cas a nettement augmenté depuis 2022.
Ces 35.000 cas de viols sont juste les données compilées à l’échelle nationale au cours des neuf premiers mois de l’année 2025, « signe que la crise continue de s’intensifier ».
Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri les plus touchées
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des cas. Ces régions sont ravagées par trois décennies de violences, renseigne l’Unicef.
Néanmoins, la capitale Kinshasa et la région centrale du Kasaï enregistrent également un nombre élevé de cas, liés à la pauvreté qui accentue la vulnérabilité des enfants.
Pour Catherine Rusell, Directrice exécutive de l’Unicef, les travailleurs sociaux racontent qu’il faut parfois plusieurs heures aux mères pour accompagner à pied leurs filles jusqu’à un centre de santé alors que ces dernières ont subi une agression et ne sont plus en mesure de marcher. Aux dires des familles, la peur de la stigmatisation et des représailles les empêche souvent de signaler les actes de violence.
Elle ajoute que les témoignages sont les mêmes d’une province à l’autre. Signe qu’il s’agit d’une crise profonde alimentée par l’insécurité, les inégalités et le manque de robustesse des systèmes de soutien.