Artiste engagé, la quarantaine révolue, Didier Besongo dit ‘’DBB’’ vit désormais sous une peur bleue après avoir joué la pièce ‘’ Nzila Velela’’, en décembre 2025, au Centre culturel André Blouin situé au Quartier Joli Parc à Ngaliema. La veille de ce spectacle, une conférence a réuni plusieurs invités, dont son ami Nathanaël Onokomba, jeune activiste et opposant politique, actuellement incarcéré à la Prison militaire de Ndolo pour ses prises de position.
Quelques mois après la conférence organisée à Kinshasa autour de sa pièce ‘’Nzila Velela’’, son ami Nathanaël Onokomba a été arrêté en janvier 2026.
De ce fait, il s’est vu transféré à la prison militaire de Ndolo. La justice l’accuse de graves infractions liées à la sécurité de l’État.
Cette situation n’a pas épargné l’artiste Didier Besongo. Car à Kinshasa, après avoir joué cette pièce, il a été directement attaqué. La pièce, qui critique les pratiques autoritaires et la volonté de certains dirigeants de s’éterniser au pouvoir, a dérangé plus d’un.
Contraint de fuir, il est rentré à Lubumbashi où il est installé avec toute sa famille depuis 2023, mais les menaces ont continué. Ce, surtout après le transfert de Nathanaël Onokomba à Ndolo en janvier 2026.
Il faut signaler que le parcours de ces deux activistes s’entrelacent. Lui, arrêté et emprisonné pour ses prises de position politiques.
Messages de menace de mort
DBB de son côté sera attaqué et menacé. Il estime que tout ceci arrive pour avoir porté sur scène une critique sociale et politique à travers le conte.
L’artiste affirme recevoir sur son téléphone des messages de menace de message mort. Et les auteurs se présente comme partisans de l’UDPS, parti au pouvoir, communément appelés ‘’wewa’’. Son pêché ? avoir cité ce parti politique dans son texte ‘’Nzila Velela’’.
Ces personnes semblent le connaitre personnellement. Car ils assisteraient à ses spectacles à Lubumbashi et ont été informés qu’il est recherché par un document de la police.
À cela s’ajoute une forme de tribalisme qui semble prendre de l’ampleur à Lubumbashi, entre Katangais et Kasaïens.
il faut signaler que sa femme est Kasaïenne. Ainsi, le fait de critiquer le système politique considéré par certains comme un « gouvernement des Kasaïens » les expose encore davantage.
Ces personnes les traitent de traîtres et menacent de battre sa femme. Face à cette situation, ils ont été contraints de se cacher avec les enfants.
Ainsi lui et sa famille sont en danger, pris dans un engrenage où l’art, la politique et les tensions communautaires se croisent pour transformer sa vie en cible permanente.
Des proches de l’artiste
Il faut signaler que Didier Besongo est proche de certains artistes engagés tels que Yves Makwambala, un graphiste et co-créateur du logo de Filimbi.
Ce dernier a été arrêté en 2015. il a passé 18 mois à la prison de Makala pour son engagement citoyen lors du lancement du mouvement citoyen Filimbi.
Pour échapper à cette traque, DBB va quitter Kinshasa dans la précipitation, pour trouver refuge au Kongo Central.
Il y a également Kalonji Mbikayi Fabrice dit Malabar. Celui-ci est un artiste congolais exilé en France, membre de l’Atelier des artistes. Il a réalisé le film intitulé « la voix » en 2013, où DBB était acteur principal. Un film qui mettait en scène un vendeur de journaux. Une situation qui transformait la rue en agora politique, un espace où la parole libre pouvait circuler malgré la surveillance et la répression.
Sur cette liste figure également Yves Sambu. Lui, c’est un autre artiste engagé avec qui, ils ont été arrêté en 2012. A cette époque, ils avaient avoir dénoncé dans le projet ‘’Sape Venitas’’, des érosions au quartier Kindelé à Kinshasa. Un problème environnemental majeur que les autorités préféraient taire.
Judith Asina