Neuf personnes sont mortes à la suite des interventions chirurgicales dont cinq femmes en couche, en l’espace d’un mois, à Shabunda centre, dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu. Défenseures des droits des femmes et médecin chef de zone de santé accusent les structures sanitaires informelles de cette boucherie humaine.
Docteur Guillaume Kyatugu, Médecin chef de zone de santé de Shabunda renseigne que cette zone a été plus affectée par des décès en décembre 2025.
Selon lui, ce sont des charlatans qui utilisent « leurs petites structures non équipées, patronnés par les médecins qui n’ont pas encore de diplôme ».
Par conséquent, rien que pour le mois de décembre, il y a eu 5 décès de femmes liés à la césarienne, et 4 hommes décédés toujours à la suite des interventions chirurgicales. Alors que l’hôpital général se situe à près de 400 mètres de ces établissements.
Il dit avoir adressé des lettres aux autorités locales pour fermer ces centres mais en vain.
D’où cet appel aux Autorités locales, provinciales et nationales ainsi qu’aux organisations féminines afin d’alerter pour que la zone de santé de Shabunda soit épargnée de cette pratique.
Dr Guillaume Kyatugu précise en outre qu’il a 72 heures, une femme est décédée dans les même conditions et a laissé des jumeaux. « Ces structures utilisent même des transfusion sans marqueur », lâche-t-il.
Agnès Sadiki en colère
Après avoir appris le nombre de femmes mortes par césarienne en un mois Agnès Sadiki, activiste des droits des femmes monte sur ses grands chevaux.
« Autant de femmes qui perdent la vie en voulant donner la vie est inacceptable et inadmissible. Ça me fait très mal, comme femme et mère », s’inquiète-t-il.
Pour elle, il y a un problème de respect des normes. Parce qu’on ne peut pas conduire une chirurgie sans se rassurer d’avoir le sang et un personnel préalablement formé ainsi que des infrastructures, équipements, salle d’opération, anesthésistes.
Surtout qu’à Shabunda, il y a plusieurs petites structures sanitaires qui naissent. Et chaque médecin affecté à l’hôpital général se crée sa propre structure. Ensuite, il récupère les malades de l’hôpital général pour cet établissement qui ne remplit pas les normes.
D’où cet appel aux Autorités compétentes.
« Il faut des mesures qui mettent fin à ça. Les Autorités dans le domaine de santé doivent nous aider. On ne peut pas tolérer de voir les femmes mourir en voulant donner la vie », lance-t-elle.
Judith Asina