Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo reste plongé dans l’insécurité et les conflits armés, l’usage des réseaux sociaux, particulièrement par les jeunes, suscite de vives préoccupations. Epimack Kwokwo, défenseur des droits humains, alerte sur les dérives observées dans les échanges en ligne, qu’il juge préoccupantes pour la paix sociale.
« Les réseaux sociaux sont devenus un espace où se propagent insultes, propos haineux, désinformation et divisions ethniques ou politiques », déplore-t-il dans une interview accordée à votre média.
À l’heure où le pays a besoin d’unité et de cohésion, cette tendance nuit gravement à la stabilité déjà fragile dans plusieurs régions.
Ce défenseur de droits humains regrette que des nombreux jeunes se livrent à des règlements de compte, parfois entre membres d’une même communauté ou d’un même territoire. Cela, au lieu d’utiliser ces plateformes pour sensibiliser à la paix, promouvoir la cohabitation pacifique ou alerter sur les vraies problèmes de leur environnement.
Pour lui, les réseaux sociaux peuvent être des puissants leviers pour l’éducation, la mobilisation citoyenne et la défense des droits humains.
« Ce sont des espaces d’expression, mais ils doivent servir à construire, non à détruire», relève-t-il.
Face à toute cette situation, Epimack Kwokwo appelle les autorités compétentes, les organisations de jeunesse et les médias à vulgariser le Code du numérique et la nouvelle loi sur la presse. Objectif ? que chacun comprenne ses responsabilités dans l’espace digital.
Dans un pays où les tensions communautaires peuvent facilement dégénérer, il estime que les jeunes doivent devenir des acteurs de paix, et non des instruments de division, en faisant un usage réfléchi et éthique du numérique.
John ZIHINDULA