Dans nos sociétés, le mot changement est souvent confondu avec un simple remplacement. Changer de régime politique ne suffit pas à transformer en profondeur un pays. Le véritable changement, celui qui libère les peuples et leur donne un avenir, passe d’abord par une révolution invisible mais décisive : la transformation des mentalités.
Or, les mentalités ne se transforment pas par décret, ni par slogans. Elles ne se transforment qu’à travers une réforme radicale de l’éducation.
Héritage colonial et mentalités dominées
L’histoire nous enseigne que l’éducation coloniale n’était pas conçue pour affranchir, mais pour soumettre. Elle a produit des générations entières formées à l’obéissance plutôt qu’à la responsabilité.
L’exemple biblique de Paul face aux Juifs et aux Romains illustre bien cette dualité : les Romains se considéraient comme des citoyens libres, affranchis, alors que les autres restaient dans une position de domination. Ce schéma s’est répété dans nos sociétés colonisées : une minorité éduquée pour commander, et une majorité conditionnée à obéir.
Le faux modèle de l’éducation policière
Aujourd’hui encore, beaucoup de nos systèmes éducatifs reproduisent une logique coloniale et policière. On enseigne à l’enfant, à l’élève, au citoyen que faire le bien n’a de sens que sous le contrôle d’un surveillant. On n’intériorise pas la responsabilité ; on intériorise la peur.
Ce modèle est destructeur. Il fabrique des citoyens incapables d’agir par conviction, toujours en attente d’un ordre, d’une sanction ou d’une récompense extérieure. C’est une éducation qui bride l’initiative et tue la créativité.
L’ouverture des sociétés affranchies
À l’inverse, les sociétés qui ont su avancer sont celles qui ont investi dans une éducation libératrice. Ces sociétés ne sont pas exemptes de contraintes, mais elles forment leurs citoyens à penser, à débattre, à remettre en question ce qui semble acquis.
L’expérience vécue dans un pays comme la Norvège montre cette différence fondamentale : l’enfant n’y est pas façonné par la peur, mais par l’amour, la répétition et l’accompagnement. Des mécanismes sociaux existent pour soutenir la famille et garantir à chaque enfant un cadre éducatif équilibré.
Cette logique produit une société où la responsabilité est intériorisée, où l’on agit non pas parce qu’un contrôleur veille, mais parce que l’on a compris le sens du bien commun.
Le véritable changement de système
Le changement de système, dans un pays comme le nôtre, ne viendra pas d’une alternance politique superficielle. Il viendra de la décolonisation de nos mentalités.
Et cette décolonisation ne peut se réaliser que par :
- Une réforme en profondeur de l’éducation.
- La promotion d’une pédagogie de responsabilité et de liberté.
- La valorisation de l’amour, du respect et de la dignité humaine comme fondements éducatifs.
C’est à ce prix que nous pourrons former une génération nouvelle, affranchie des chaînes de la domination et capable de bâtir un avenir.
Changer le système ne signifie pas remplacer un régime par un autre. C’est transformer la base même sur laquelle une société se construit : l’éducation.
Tant que nos mentalités resteront colonisées, aucune alternance politique ne produira le changement attendu. Mais si nous osons reconstruire notre éducation sur des fondements nouveaux, alors seulement nous pourrons espérer voir naître une société libre, responsable et prospère.