Un premier groupe d’environ 45 demandeurs d’asile américains, transportés par la compagnie Omni Air International, a atterri à l’aéroport international de Ndjili vers deux heures du matin de ce vendredi 17 avril 2026, après deux escales techniques à Dakar et Accra.
Ces individus, majoritairement originaires d’Amérique latine ont été acheminés vers un complexe hôtelier situé à proximité de l’aéroport. Ils sont placés sous la surveillance de la Police Nationale Congolaise (PNC).
Une situation qui préoccupe l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) dans un communiqué publié la même date.
Car en cherchant à se décharger de ses responsabilités, l’administration américaine engage une pratique illégale et dangereuse pour les personnes vulnérables.
L’IRDH estime qu’en acceptant de devenir une plateforme d’externalisation migratoire pour les États-Unis, la RDC participe à un mécanisme de transfert forcé qui fragilise la protection universelle des demandeurs d’asile.
« Tel que présenté, ledit Accord n’est pas un acte de coopération humanitaire. Il rentre dans la série de contrats politiques permettant aux Etats-Unis d’exploiter intensivement des minerais stratégiques, en contrepartie de la promesse d’appui militaire contre le Rwanda. Il crée un précédent juridique alarmant, sacrifiant les normes impératives du DIH et des droits de l’Homme sur l’autel de la gestion migratoire monnayée », s’inquiète IRDH.
De ce fait, la RDC s’expose à une responsabilité internationale pour complicité de traitements inhumains et dégradants.
Des principes violés
Parmi ces principes internationaux violés, IRDH cite premièrement l’article 49 de la IVème Convention de Genève et l’article 17 du Protocole additionnel II posent le principe intangible d’interdiction des transferts forcés de populations civiles.
Deuxièmement, l’article 12(5) de la Charte Africaine qui interdit formellement les expulsions collectives et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) et limite strictement la marge de manœuvre.
Troisièmement, l’esprit de la Conclusion n° 58 du Comité exécutif du HCR (1989) qui condamne les stratégies visant à se décharger de ses obligations de protection. Cela, autant que le droit international impose que l’État où le migrant arrive en premier soit le premier responsable du traitement de sa demande.
Vivement la suspension de cet accord
Pour toutes ces raisons, l’organisation demande au Gouvernement de la RDC de suspendre immédiatement l’application de cet Accord et de publier l’intégralité du mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis.
Au Gouvernement américain, de mettre fin à sa politique d’externalisation de l’asile vers des États tiers fragiles. Par contre, d’assumer sa responsabilité primaire du traitement des demandes d’asile introduites sur son territoire. Et cesser de monnayer le transfert forcé de personnes vulnérables vers des zones en proie à l’instabilité sécuritaire.
Au HCR, de sortir de sa réserve et à exiger un accès immédiat aux demandeurs d’asile transférés de force à Kinshasa.
Judith Asina