L’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a publié une réaction officielle au rapport de Human Rights Watch intitulé « Death Was Everywhere » (« La mort était partout »), rendu public le 10 juin dernier.
Le mouvement conteste les conclusions de l’organisation de défense des droits humains et appelle à une enquête indépendante sur l’ensemble des violations commises dans le conflit qui affecte l’Est de la République démocratique du Congo.
« Des accusations sans preuves crédibles »
Dans son communiqué, l’AFC/M23 affirme que les accusations formulées par Human Rights Watch « ne reposent sur aucune preuve crédible et vérifiable » et souligne son « attachement indéfectible au respect du Droit International Humanitaire ainsi qu’aux principes fondamentaux de protection des populations civiles ».
Le mouvement estime que le recours à des témoignages anonymes, l’absence d’accès direct aux sites concernés et les limites reconnues des analyses satellitaires imposent « une grande prudence » dans l’interprétation des conclusions du rapport.
Recrutement d’enfants : « Tolérance zéro »
Réagissant aux accusations de recrutement forcé et d’utilisation d’enfants soldats, l’AFC/M23 affirme appliquer une politique stricte de protection des mineurs.
« Tous les mineurs sont identifiés et déclarés inéligibles », indique le mouvement, qui rappelle également que « tout militaire qui trouvera, lors des opérations, des femmes et des enfants, est tenu de les protéger et les conduire en lieu sûr ».
L’AFC/M23 assure collaborer avec les organisations spécialisées dans la protection de l’enfance pour la réadaptation et la réinsertion des enfants associés aux groupes armés.
Prisonniers de guerre : l’AFC/M23 défend son bilan
Concernant les accusations de détentions arbitraires et de mauvais traitements, le mouvement rappelle les différentes opérations de libération menées depuis 2025.
« L’AFC-M23 a exprimé sa disposition à libérer tous les prisonniers de guerre restants. Cette offre reste butée au refus de Kinshasa de les reprendre », affirme le communiqué.
Le mouvement soutient également être « l’unique partie au conflit à avoir gardé des prisonniers de guerre dans des conditions d’humanité et de dignité conformes au Droit International Humanitaire ».
Fosses communes : des accusations « spéculatives »
L’AFC/M23 rejette fermement les allégations relatives aux exécutions sommaires et aux fosses communes présumées à Rumangabo et Cyanzu.
Selon le mouvement, ces accusations sont « extrêmement graves et fausses, car purement spéculatives et manipulatrices en l’absence d’investigations sérieuses, impartiales et indépendantes ».
Le communiqué souligne que le rapport lui-même reconnaît ne pas pouvoir déterminer avec certitude le nombre exact de victimes ni confirmer la présence des tombes évoquées.
Le débat autour du Salongo
Sur les accusations de travaux forcés, l’AFC/M23 affirme que Human Rights Watch ne distingue pas les travaux communautaires de salubrité publique des formes de travail forcé interdites par le droit international.
Selon le mouvement, ces activités constituent « des mécanismes appropriés d’autoprise en charge et de rapprochement citoyen et communautaire » dans un contexte de reconstruction post-conflit.
Une dénonciation du « délit de faciès »
À propos des accusations d’implication des Forces de Défense du Rwanda (RDF), l’AFC/M23 dénonce une assimilation systématique des populations rwandophones congolaises à des acteurs étrangers.
Le mouvement estime que cette approche constitue « un véritable délit de faciès et de langue » qui « alimente les fractures sociales, renforce les tensions communautaires et légitime des politiques d’exclusion ».
Appel à une enquête globale et indépendante
En conclusion, l’AFC/M23 considère le rapport de Human Rights Watch comme « purement infondé et propagandiste » et appelle à une enquête indépendante couvrant l’ensemble des violations des droits humains commises par tous les acteurs armés opérant en RDC.
« L’AFC-M23 demeure résolument engagée en faveur du processus de paix en cours, en vue d’une solution durable aux causes profondes du conflit », conclut le communiqué signé par Bertrand Bisimwa.
L’intégralité de la réaction: RÉACTION DE L’ALLIANCE FLEUVE CONGO-MOUVEMENT DU 23 MARS (AFC-M23) AU RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH