« Où trouver des données et des plateformes fiables et où obtenir des données pour enrichir les rapports dans les domaines de lutte antitabac » ? C’est pour répondre à ces questions qu’une formation virtuelle sur le TC et l’utilisation du TCDI a été organisé en faveur des journalistes de la République démocratique du Congo, le mardi 23 avril 2025.
Cette formation était organisée par Renevlyn Development Initiative (RDI) avec le soutien de Development Gatewa.
Philip Jakpor, directeur exécutif de Renevlyn Development Initiative a renseigné dans son mot de bienvenu que pendant trop longtemps, les reportages sur la lutte antitabac dans les médias locaux se sont limités aux statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les décès liés au tabac et à de rares données nationales.
Pour lui, en RDC comme en Afrique centrale, les médias ne parlent guère des activités de l’industrie du tabac.
« C’est pourquoi nous avons fait appel à nos partenaires, experts en santé publique, pour discuter avec nous aujourd’hui et nous indiquer les domaines de la lutte antitabac où l’on peut trouver des données fiables, ainsi que des plateformes fiables où nous pouvons obtenir des données pour enrichir nos rapports », précise-t-il.
Interférence de l’industrie du tabac
Le Prof Patrick Shamba, conseiller technique du programme TCDI en RDC, s’est étalé sur le paysage de la lutte antitabac en RDC. Aussi, a-t-il a relevé le manque de mesures réglementaire spécifique en République démocratique du Congo. Il s’agit notamment de l’absence de dispositions détaillées pour la mise en œuvre effective de la loi-cadre sur la santé publique de 2018 ; les stratégies utilisées par l’industrie pour influencer les politiques de santé publique ainsi que les difficultés à contrôler et réguler le marché parallèle.
De ce fait, le rôle des médias dans la lutte antitabac consiste à la sensibilisation du public ; la Surveillance des actions de l’industrie ; ainsi que le Soutien aux initiatives législatives en relayant les avancées et les défis liés à la mise en œuvre des lois antitabac.
Pour sa part Oluchi Joy Robert, Avocate a parlé de tabac et conflit. Selon elle, l’industrie du tabac compte souvent des sympathisants et des alliés au sein des gouvernements, et la RDC ne fait pas exception. Et ces individus ou groupes peuvent occuper des postes de pouvoir, avoir des intérêts économiques et partager les vues de l’industrie, tous visant à minimiser les risques du tabac ou à s’opposer à des mesures de contrôle du tabac strictes.
Les ministères et les agences sont susceptibles d’être influencés. Car ils peuvent donner la priorité à la génération de revenus provenant des taxes sur le tabac plutôt qu’aux préoccupations de santé publique.
Il peuvent également rencontrer des difficultés à mettre en œuvre des mesures de contrôle du tabac strictes en raison de l’influence de l’industrie et des ressources limitées.
Rôle crucial des journalistes
De son côté Achieng Otieno, founder being Africa Kenya a exposé sur comment l’industrie du tabac cible les jeunes en Afrique.
Il a souligné que les efforts ciblés de l’industrie du tabac pour attirer les jeunes nécessitent une couverture médiatique éclairée et des mesures politiques. D’où l’appel à l’action d’autant plus que les journalistes jouent un rôle crucial pour dénoncer ces pratiques.
En outre Caleb Ayong, Directeur exécutif de Vital Voice for Africa a parlé de l’utilisation des données pour rendre les reportages sur la lutte antitabac pertinent. Ici, il a recommandé aux journalistes de susciter l’intérêt avec la question : « quels sont les principaux thèmes qui font régulièrement la une de l’actualité ». Il a proposé aux chevaliers de la plume d’utiliser des exemples familiers capable de susciter les émotions.
Il faut dire qu’une dizaine de journalistes de Kinshasa comme des provinces, y compris de l’Est du pays ont pris part à cette qui s’est clôturée par une séance de questions réponses.