La journée mondiale sans tabac a vécu le samedi 31 mai à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans l’Est République démocratique du Congo. Malgré la crise sécuritaire due à l’occupation de la province par l’AFC/M23, l’ONG Renaissance africaine(RENAF) a sensibilisé une cinquantaine de jeunes de la commune de Kadutu.
Le lieu choisi pour ces assises était le terrain Buholo 4 de Kadutu, une banlieue de la ville de Bukavu. Et une cinquantaine de jeunes consommateurs et non consommateurs, ont participé à cette séance, avec comme facilitateur, Laurent Balagizi, Coordonnateur de l’ONG RENAF/Sud-Kivu. Des travaux en carrefour étaient au rendez-vous pour permettre aux uns et aux autres de s’exprimer sur la lutte contre le tabac.
La guerre aggrave la consommation du tabac
Prenant la parole en swahili, il a fait savoir que les défis du tabac au Sud-Kivu, sont multiples et incluent la nocivité sur la santé, l’impact environnemental et les tactiques de l’industrie du tabac.
Cependant, il a déploré les conséquences de la lutte contre le tabac pendant cette période de guerre dont fait face la province. Il s’agit notamment de l’inaccessibilité dans des zones occupées par les groupes armés et forces loyalistes pour la sensibilisation, ainsi que le manque de fonds pour appuyer ces activités. Et la guerre aggrave la consommation des produits du tabac avec des conséquences hygiéniques et environnementales. Sans compter les enfants qui sont exposés à la consommation. Il regrette en outre qu’à la suite de cette situation, le tabac soit utilisé comme business, et que tout passe désormais par la corruption.
Conséquences du tabac
Laurent Balagizi a, en outre renseigné que le tabac est une cause majeure des maladies évitables et des décès prématurés, avec un taux de mortalité estimé à 2,18% en RDC en 2021, incluant le tabagisme passif.
Par ailleurs, la culture du tabac entraîne la déforestation, la dégradation des sols et la pollution des ressources en eau. De plus, elle est associée au travail des enfants et aux inégalités de genre.
Il a, de ce fait, signalé l’interférence de l’industrie du tabac qui utilise des tactiques pour manipuler l’opinion publique, discréditer les preuves scientifiques et exercer une pression sur les gouvernants, notamment en ciblant les populations à faibles revenus et les jeunes.
Vivement des mesures de protection
Pour réduire la consommation du tabac à Bukavu, il a recommandé le renforcement des politiques de lutte contre le tabac. Ici, Balagizi a proposé spécialement l’interdiction de la vente en détail, comme le suggère le Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac(CCLAT) ainsi que le renforcement de contrôle de l’interdiction de vente aux mineurs d’âge.
Pour rappel, dans une conférence en ligne, Oluchi Joy Robert, une experte nigériane dans lutte contre le tabac a renseigné que les guerres et les conflits ont toujours eu des impacts dévastateurs sur les sociétés à travers le monde. Cependant, l’industrie du tabac exploite souvent ces situations pour réaliser des profits.
Par conséquent l’industrie du tabac est accusée de profiter de situations précaires, notamment les conflits, pour vendre et promouvoir ses produits en RDC. Parmi les préoccupations, cette industrie cible les populations vulnérables, en particulier les jeunes, les femmes et les communautés à faible revenu, avec des tactiques de marketing agressives. A cela s’ajoute le commerce illicite. Ce qui sape les efforts de santé publique et alimente le crime organisé.
