L’année scolaire 2026-2027 a été officiellement lancée à Goma dans une atmosphère mêlant mobilisation des autorités, engagement du corps enseignant et enthousiasme des élèves. Présidant la cérémonie, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a placé l’éducation, la formation du capital humain et la protection de l’avenir des enfants au centre de son message.
S’adressant directement aux élèves, aux enseignants et aux parents, Corneille Nangaa a donné le ton : « Fini les vacances, place désormais à l’école, aux études. » « Le Congo de demain vous appartient »
Au-delà de la rentrée scolaire, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a présenté l’école comme l’un des principaux lieux de construction d’un Congo pacifié, stabilisé et réconcilié.
Selon lui, l’enfant doit apprendre à se reconnaître d’abord comme Congolais, au-delà de son origine, de sa tribu ou de son ethnie. L’école devient ainsi non seulement un lieu d’acquisition des connaissances, mais également un espace d’apprentissage de la discipline, du civisme, des valeurs collectives et du vivre-ensemble.
Corneille Nangaa a surtout insisté sur une conception nouvelle de la richesse nationale : les ressources naturelles ne peuvent, à elles seules, assurer le développement du pays.
« La plus grande richesse d’une nation, ce sont ces femmes et ces hommes », a-t-il affirmé, estimant que l’éducation et le développement du capital humain doivent constituer une priorité.
L’éducation présentée comme un droit, et non un privilège
Dans son intervention, Corneille Nangaa a également donné une dimension juridique à son message. Il a évoqué notamment l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les articles 13 et 14 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que les articles 42, 43 et 45 de la Constitution congolaise.
De ces références, il a tiré un principe central : « L’éducation est un droit et non un privilège. Aucune autorité, aucun régime, aucune circonstance ne devrait pouvoir priver une génération de ces droits fondamentaux. »
Le responsable de l’AFC/M23 a, dans ce contexte, vivement critiqué les mesures prises par Kinshasa qui, selon lui, ont affecté la vie des populations de l’Est. Il a cité notamment la fermeture des banques et des aéroports, les difficultés d’accès à certaines ressources destinées à la riposte sanitaire ainsi que les menaces pesant sur les activités académiques et les rémunérations des agents publics.
Face à ces difficultés, a-t-il assuré, les autorités de l’AFC/M23 entendent préserver la continuité de l’éducation.
Près d’un million d’élèves enregistrés
La cérémonie a également été l’occasion de dresser le bilan de l’année scolaire 2025-2026.
Selon les statistiques présentées lors de la cérémonie, la province éducative concernée a enregistré 965 745 élèves, dont 468 187 filles, soit 48,48 %. Parmi les inscrits, 847 645 élèves ont achevé leur cursus annuel, correspondant à un taux de fin d’année annoncé de 87,77 %.
Le dispositif éducatif présenté comprend également 2 727 écoles et 30 420 enseignants, tandis que 184 311 finalistes ont été engagés dans les épreuves certificatives nationales. Un taux global de réussite de 87 % a été annoncé.
Ces chiffres ont été présentés comme le résultat des concertations entre les acteurs éducatifs, des mécanismes d’évaluation des élèves, de l’accompagnement du personnel enseignant et du suivi des établissements scolaires.
Les enseignants demandent de meilleures conditions de travail
La rentrée a aussi permis au corps enseignant de faire entendre ses préoccupations.
Son représentant a notamment plaidé pour l’amélioration progressive des conditions de travail et des rémunérations, la disponibilité du matériel didactique, l’amélioration des infrastructures scolaires, la formation continue des enseignants et la reconnaissance de leur mérite.
Le message a cependant été présenté dans un esprit de dialogue plutôt que de confrontation : un enseignant valorisé et correctement accompagné, a souligné le représentant du corps enseignant, est davantage capable de donner le meilleur de lui-même.
Les enseignants ont également rappelé le lien étroit entre éducation et paix : l’enfant a besoin d’un environnement stable pour apprendre et l’enseignant d’un environnement paisible pour accomplir sa mission.
Les élèves appelés à la discipline, au travail et à l’unité
La voix des élèves a également marqué la cérémonie. Leur représentante a exprimé la gratitude des apprenants envers les parents et les enseignants, tout en appelant ses camarades à prendre leurs études au sérieux, à cultiver l’effort, la persévérance et l’excellence.
Elle a particulièrement insisté sur la fraternité, la tolérance et la paix, appelant les élèves à rejeter les violences, les discriminations et les divisions afin de faire de l’école un espace d’unité et de respect mutuel.
Une rentrée sous le signe de la continuité
Sur le terrain, certains responsables d’établissements ont témoigné d’une mobilisation importante dès cette première journée. Au Complexe scolaire Michel Duhart, son préfet des études a indiqué qu’environ 300 élèves avaient déjà répondu présents, tout en annonçant une période supplémentaire d’une semaine pour permettre à certains retardataires de confirmer leur inscription.
Dans un autre établissement, une enseignante a également indiqué avoir constaté une présence plus importante des enfants dès le premier jour comparativement à l’année précédente. Elle a encouragé les parents confrontés aux difficultés d’achat des fournitures à envoyer néanmoins leurs enfants à l’école et à compléter progressivement le matériel scolaire.
« Apprendre, travailler et croire en vous-mêmes »
En clôturant son message, Corneille Nangaa a confié une responsabilité particulière aux enfants :
« Votre mission commence aujourd’hui. Apprendre, travailler, respecter vos enseignants, respecter vos parents et surtout croire en vous-mêmes. Le Congo de demain vous appartient. »
Il a ensuite déclaré officiellement ouverte l’année scolaire 2026-2027, souhaitant plein succès aux élèves, aux enseignants et à l’ensemble des éducateurs, avant de conclure par un appel en faveur d’un « Congo réconcilié, pacifié et prospère ».
Avec Simba media

