À l’occasion de la fête nationale de la Norvège célébrée ce 17 mai, Crispin Kashale a accordé un entretien spécial à SVEIN MEDIA et SIMBA MEDIA depuis Goma; revenant sur son parcours entre la République démocratique du Congo et la Norvège, mais surtout sur la nécessité pour les Congolais de restaurer leur dignité et de reconstruire leur pays.
Au cours de cet échange conduit par les journalistes Rafiki Emmanuel et Louise Busane de Radio Svein, Crispin Kashale a retracé son itinéraire personnel, de Bukavu à Kinshasa, Lubumbashi, Brazzaville puis la Norvège, où il a vécu plus de vingt ans après avoir fui les conflits armés qui ont secoué l’Est de la RDC.
« Personne ne construira notre pays à notre place »
Dans son témoignage, Crispin Kashale a expliqué que son retour au Congo en 2016 était motivé par un profond sentiment de responsabilité envers son pays.
Selon lui, les Congolais doivent cesser d’attendre des solutions venues de l’extérieur et apprendre à valoriser leurs propres capacités.
« Il n’y a personne qui changera ce pays à notre place. Celui qui vient de l’extérieur vient souvent pour ses intérêts. Mais les fils du Congo doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour leur pays », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur l’importance de l’indépendance culturelle et économique, estimant que la RDC possède d’immenses richesses mais manque encore d’une vision tournée vers la transformation locale des compétences et des ressources.
La Norvège comme modèle d’organisation et de solidarité
Évoquant son expérience norvégienne, Crispin Kashale a expliqué avoir été marqué par l’esprit d’entraide qui caractérise la société norvégienne.
Il a notamment développé le concept de « samarbeid », coopération ou travail collectif, qu’il considère comme l’un des secrets du développement de la Norvège.
« En Norvège, lorsqu’une personne rejoint une équipe, tout le monde cherche à la faire réussir pour faire avancer l’ensemble. Chez nous, souvent, on cherche plutôt à montrer l’échec de l’autre », a-t-il regretté.
Pour lui, ce changement de mentalité est indispensable afin de permettre à la société congolaise de progresser.
Un engagement au sein de l’AFC/M23
Revenant sur son adhésion à l’AFC/M23, Crispin Kashale a affirmé avoir retrouvé dans le projet de société du mouvement une vision proche de celle défendue autrefois par le Dr Denis Mukwege lors de sa campagne présidentielle: celle de restaurer la dignité du Congolais et de bâtir un État capable d’influencer positivement toute l’Afrique.
Il a expliqué que son engagement découle aussi de sa volonté de comprendre les causes profondes des conflits qui secouent l’Est du Congo depuis plusieurs décennies.
Un appel à la diaspora congolaise
S’adressant aux Congolais vivant à l’étranger, Crispin Kashale a lancé un appel au retour et à l’implication dans le développement du pays.
Selon lui, la RDC ne pourra retrouver sa grandeur que grâce à l’engagement de ses propres enfants.
« Nous devons travailler pour restaurer notre dignité et développer notre société. Personne ne le fera à notre place », a insisté le cadre de l’AFC/M23.
Cet entretien spécial organisé à l’occasion de la fête nationale norvégienne aura permis de mettre en lumière le parcours d’un Congolais de la diaspora revenu au pays avec la conviction que la transformation du Congo passe avant tout par un changement de mentalité, la solidarité et la valorisation des compétences locales.
