À l’issue des discussions de Montreux, une dénonciation forte a été portée contre la situation qui prévaut dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Au cœur des préoccupations : la fermeture persistante de l’aéroport et des institutions financières, des décisions qui, selon le Secrétaire permanent de l’AFC/M23, pèsent lourdement sur la population.
Un espace aérien fermé, des populations isolées
Selon Benjamin Mbonimpa, la fermeture de l’aéroport constitue un frein majeur à la vie quotidienne et aux efforts humanitaires.
« Ce n’est pas nous qui avons fermé l’aéroport ni l’espace aérien. Cette décision vient de Kinshasa », a-t-il martelé.
Dans les faits, cette situation empêche l’acheminement normal de l’aide humanitaire. Elle complique les évacuations sanitaires et ralentit fortement les échanges économiques. Des villes comme Goma ou Bukavu se retrouvent ainsi enclavées, au détriment des populations.
Banques fermées : une économie asphyxiée
À cette fermeture s’ajoute celle des banques et institutions financières. Pour Benjamin Mbonimpa, il s’agit d’un autre facteur aggravant de la crise.
Sans accès au cash, les citoyens peinent à subvenir à leurs besoins. Tandis que les commerçants et les opérateurs économiques voient leurs activités paralysées. Même les organisations humanitaires rencontrent des difficultés pour financer leurs interventions.
« Nous nous battons pour que les banques ouvrent, pour que les institutions financières fonctionnent comme avant », a-t-il insisté.
Kinshasa pointé du doigt
Dans son intervention, le Secrétaire permanent n’a pas éludé les responsabilités. Il accuse clairement le pouvoir central de maintenir des mesures qui pénalisent directement les civils.
« Nous avons demandé l’ouverture de l’aéroport et des institutions financières pour le bien de la population. Mais Kinshasa refuse », a-t-il déclaré.
Ces décisions sont perçues comme en contradiction avec les engagements pris dans les discussions internationales, notamment en matière d’accès humanitaire et de libre circulation.
Une population au cœur des enjeux
Au-delà des positions politiques, Benjamin Mbonimpa insiste sur l’impact humain de ces blocages.
Pour lui, la priorité reste la sécurité, le bien-être et la dignité des populations. Il plaide pour une libre circulation des personnes et des biens, sans stigmatisation ni entrave.
« Nos populations doivent pouvoir se déplacer, travailler et vivre normalement », a-t-il rappelé.
Un appel à des mesures concrètes
Face à cette situation, un appel clair est lancé : rouvrir l’aéroport, rétablir les services bancaires et permettre à la population d’accéder aux services essentiels.
Car, au-delà des négociations et des engagements, la paix se mesure aussi à la capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens.
Entre discours et réalité
Si les discussions de Montreux ont permis des avancées sur certains points, la réalité sur le terrain reste préoccupante.
Pour Benjamin Mbonimpa, tant que des décisions comme la fermeture de l’aéroport et des banques persisteront, les populations continueront de payer le prix d’une crise qui les dépasse.
La paix, conclut-il en substance, ne pourra être durable sans des actes forts en faveur des populations.