Les mauvaises pratiques alimentaires demeurent une préoccupation de santé publique en République démocratique du Congo, particulièrement au Sud-Kivu. Mauvaise conservation des aliments, manque d’hygiène dans leur préparation, consommation excessive de produits transformés et exposition des denrées à la poussière ou aux insectes figurent parmi les comportements à éviter.
Cette situation préoccupe de nombreux consommateurs, qui dénoncent les pratiques alimentaires susceptibles d’avoir des conséquences négatives sur leur santé.
Dans le cadre de la campagne « Malisho Bora Shuleni », menée en lien avec la LICOSKI, la Plateforme Alimentaire de Bukavu et le Réseau d’Écoles Engagées pour la Promotion de la Gouvernance Alimentaire Durable, les parents d’élèves, enseignants, responsables scolaires et l’ensemble de la population sont sensibilisés à l’importance d’une alimentation saine, équilibrée et adaptée aux besoins des enfants.
Pour Alain Byamungu, nutritionniste, la vigilance doit commencer dès l’achat des produits alimentaires.
« Il faut toujours vérifier la date d’expiration, l’état de l’emballage et la composition du produit. Une boîte gonflée, rouillée ou déformée ne devrait pas être consommée », recommande-t-il.
Le nutritionniste encourage par ailleurs les consommateurs à privilégier les produits locaux, frais et de bonne qualité, tout en réduisant la consommation des aliments trop riches en sucre, en sel et en matières grasses.
Une attention particulière est également portée à la consommation des boissons gazeuses et des jus très sucrés, particulièrement chez les enfants de maternelle et du primaire. Une consommation excessive de ces produits peut favoriser le déséquilibre alimentaire, les problèmes dentaires et le surpoids, avec des risques pour la santé à plus long terme.
« L’enfant a besoin d’une alimentation diversifiée pour sa croissance. Les boissons très sucrées ne doivent pas remplacer l’eau et les aliments nutritifs », souligne Alain Byamungu.
Autre sujet de préoccupation : la consommation de boissons fortement alcoolisées et frelatées chez les jeunes. L’exposition précoce à l’alcool peut avoir des conséquences importantes sur la santé, le comportement, la scolarité et favoriser, à terme, une dépendance.
« L’exposition précoce à l’alcool peut avoir de graves conséquences sur la santé et le développement de l’enfant », alerte le nutritionniste.»
Face à ces défis, la promotion d’une alimentation saine en milieu scolaire apparaît comme une priorité. La sensibilisation des élèves, des enseignants et des parents doit permettre de renforcer les connaissances sur les bons choix alimentaires et les risques liés à la consommation excessive de certains produits.
Pour Alain Byamungu, l’amélioration des habitudes alimentaires passe notamment par la vigilance des consommateurs, l’éducation nutritionnelle, la valorisation des produits locaux et un meilleur contrôle de la qualité des denrées mises sur le marché.
Ibag Bagenda