Le 23 septembre 2025, un arrêté ministériel portant reconnaissance du chef coutumier de la chefferie de Luhwindja (Territoire de Mwenga, Sud-Kivu) a été signé à Kinshasa.
Ce texte, révélé au grand public seulement aujourd’hui, est loin d’être un acte anodin. Il marque une nouvelle étape dans une stratégie politique inquiétante menée par le pouvoir décadent: celle de fragiliser nos structures traditionnelles, d’opposer nos communautés entre elles et d’installer le chaos dans l’Est du pays.
Une décision tardive, suspecte et sans consultation
Comment comprendre qu’un arrêté signé il y a deux semaines surgisse aujourd’hui dans l’actualité sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu avec les autorités coutumières et les notables de Luhwindja ? Comment expliquer que la population locale, première concernée, n’ait jamais été associée à un quelconque processus ?
Cette méthode brutale et opaque révèle une volonté délibérée d’imposer, depuis Kinshasa, des décisions qui ne tiennent aucun compte des réalités locales.
Elle sape les fondements mêmes de l’autorité coutumière et piétine les traditions ancestrales qui ont toujours régi la vie de nos communautés. Consultés, les “Barhambo” disent n’avoir pas été consultés et affirment ne pas comprendre l’origine ni la motivation de cette nomination imposée.
Kinshasa joue avec le feu dans l’Est
Ce n’est pas la première fois que Kinshasa agit de manière irresponsable dans l’Est.
Après avoir fermé les yeux voire encouragé sur le phénomène Wazalendo, qui a conduit à l’assassinat de nos propres enfants manipulés, aujourd’hui, c’est Luhwindja qui est dans la ligne de mire.
En imposant un chef coutumier sans légitimité locale, Kinshasa cherche clairement à opposer les habitants entre eux, à provoquer des tensions et à instaurer un climat de méfiance généralisé. C’est une politique de la division, dangereuse et irresponsable, qui risque de rallumer des foyers de conflit dans une région déjà meurtrie.
Une atteinte grave à la dignité du peuple de Luhwindja
En tant que ressortissant de Luhwindja, je m’inscris en faux avec force contre cette décision injuste et méprisante. Elle constitue une insulte à la dignité de notre peuple, une négation de notre identité coutumiers conformément à nos traditions.
Le Comité de Developpement de Luhwindja ( CODELU ) partage cette indignation. Pour cette organisation, cet arrêté illustre parfaitement le pouvoir négatif que Kinshasa exerce sur nos communautés : un pouvoir qui divise, qui affaiblit et qui humilie.
Nous ne resterons pas silencieux
Face à cette dérive, le silence serait une complicité. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que notre identité, notre histoire et notre dignité sont piétinées.
Ce qui se joue ici dépasse la simple nomination d’un chef coutumier. C’est une question de souveraineté locale, de cohésion sociale et de respect des traditions. Si Kinshasa persiste dans cette voie, elle risque d’ouvrir un nouveau front de tensions dans une région déjà marquée par trop de guerres.
Nous disons NON pour préserver notre avenir
Cet arrêté n’est pas un simple texte administratif : c’est un acte politique lourd de conséquences.
En l’imposant, Kinshasa démontre une fois de plus qu’elle considère nos entités coutumières comme des pions sur un échiquier politique. Mais nous, peuple de Luhwindja, ne sommes pas des sujets passifs. Nous avons une histoire, une dignité et une voix — et nous les ferons entendre.
Nous disons NON à cette manœuvre. NON à l’instrumentalisation de nos chefferies. NON à la division imposée depuis Kinshasa.