Le Prix Nobel de la paix s’est exprimé dans une déclaration rendue public sur toutes ses plateformes, ce lundi 18 mai 2026. Sans aller par le dos de la cuillère, Denis Mukwege rejette l’idée d’une révision de la Constitution de la RDC que prône le régime au pouvoir.
Pour lui,
‘’Si certains spéculent déjà sur un probable report des élections prévues en 2028 et un nouveau « glissement » du calendrier électoral, en invoquant des raisons sécuritaires qui priveraient plus de 12 millions de citoyens du Nord et du Sud Kivu de leur participation au scrutin, les mêmes raisons empêcheraient l’organisation d’un référendum national permettant au souverain primaire de s’exprimer sur un changement de la Loi fondamentale’’.
Il regrette que ceux qui avaient battu le pavé à travers le pays il y a moins de 10 ans pour s’opposer à la révision constitutionnelle, soient aujourd’hui les irréductibles qui remuent ciel et terre pour changer la même Constitution. Pourtant verrouillée dans certains articles.
Il exprime sa profonde préoccupation face au mépris des principes démocratiques affiché de manière décomplexée par la majorité présidentielle. Ce, alors que cette nouvelle période d’instabilité institutionnelle risque d’enfoncer la Nation dans une crise politique sérieuse et des tensions qui mettront en péril la cohésion sociale.
Mukwege rappelle ainsi l’énoncé de l’article 219 de la Constitution : « Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège ». Et d’après l’article 220 « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».
C’est pourquoi il lance un appel aux forces vives du pays pour ne pas sacrifier la République. Mais d’œuvrer sans relâche à une voie de sortie de crise juste et durable. Et de lâcher :
‘’Les Congolaises et les Congolais doivent rejeter toute tentative de dérive autoritaire, ne pas cautionner les velléités expansionnistes et éviter toute division pour rester unis face à l’urgence de résoudre les défis existentiels auxquels la Nation doit répondre de concert’’.
Il conclut
‘’…disons ensemble : Ne touche pas à ma Constitution’’.